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Le Périgord Noir
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Le Périgord noir tire son nom du caractère sombre de ses forêts de chênes, châtaigniers et pins maritimes, et de ses bois de chênes verts aux feuilles persistantes qui s'accrochent aux coteaux exposés au midi. Pour certains, le pays se situe entre Vézère et Dordogne, mais on admet plus généralement qu'il recouvre toute la partie sud-est de la Dordogne, celle qu'on appelle le Sarladais.
Les plateaux calcaires y ont été profondément entaillés par la Dordogne et la Vézère, qui coulent au milieu de plaines alluviales dominées de falaises blanches, grises et, plus souvent encore, ocre, au profil irrégulier, toutes cariées de grottes ou d'abris sous roche. Les belvédères les plus connus sont ceux de Domme, de Beynac, de Trémolat au-dessus de la Dordogne, de la Rocque-Saint-Christophe ou de la Côte-de-Jor au-dessus de la Vézère.
À l'arrière des grandes vallées, les dénivellations sont moins fortes, mais les contrastes de relief tout aussi marqués. Entailles étroites des vallées secondaires, multitude de vallées sèches, couloirs sinueux de prairies et de cultures au milieu des coteaux boisés contribuent à l'infinie variété des sites et des expositions.
À ces attraits du Périgord noir s'ajoute l'intérêt scientifique de grottes riches de constructions de calcite (Proumeyssac, le Grand Roc, Rouffignac ). Ce Périgord bénéficie d'un bon ensoleillement et d'une végétation où se mêlent plantes atlantiques et méditerranéennes, notamment les chênes verts.
Les hommes
Les campagnes du Périgord noir sont peu peuplées et appartiennent à la France rurale profonde. Sur les plateaux, les densités sont souvent inférieures à 10 habitants /km 2. Les bois couvrent en général plus de la moitié de la superficie communale. Dans les clairières (vallons secs, dépressions argileuses, versants de coteaux, petites vallées ), on cultive du maïs, du tabac, des prairies artificielles. Les petites exploitations dont la taille est de l'ordre de 10 hectares vivent de la vente de lait, du tabac ainsi que des produits de basse-cour, canards et oies grasses surtout. Des élevages industriels, de porcs et de poulets de chair principalement, sont apparus. À l'ouest de Sarlat, sur les terrains siliceux qui recouvrent par place le calcaire, prospère la culture de la fraise ; à l'est, sur les causses qui annoncent le Quercy, on élève les moutons. Partout, on recherche la truffe avec passion, mais la production a bien décliné.
À côté de ces îlots de culture, les vallées offrent des terroirs plus riches. Ceux de la Vézère sont cantonnés dans de petits bassins (Montignac, Sergeac, Saint-Léon ); ceux de la Dordogne, plus somptueux, s'étirent au gré des méandres. Sur toutes ces terres alluviales, irriguées l'été, alternent maïs, prairies, noyers, champs de tabac.
Peu d'industries en Périgord noir, en dehors de petits établissements à Sarlat, au Bugue, à Montignac, à Terrasson et de la grosse papeterie de Condat-le-Lardin, au nord, sur la Vézère.
Partout, sur le plateau comme dans les vallées, de belles maisons paysannes aux murs de pierre ocre ou blanche, aux toits de tuiles plates, de lauzes et d'ardoises au nord ; de temps en temps, au milieu des champs, on peut voir d'harmonieuses cabanes rondes en pierres sèches dont l'origine se perd dans la nuit des temps.
Le tourisme s'est beaucoup développé en Périgord noir car, outre les beautés du cadre naturel, celui -ci offre de nombreux témoignages d'une longue occupation humaine et les charmes d'un monde rural traditionnel tout marqué d'Occitanie.
Histoire
La préhistoire est ici féconde en témoignages. Le Périgord noir offre en effet une multitude de grottes et d'abris sous roche que les peuples chasseurs du paléolithique ont occupés pendant plus de 400 000 ans. La vallée de la Vézère, qu'on a comparée à une sorte de «vallée des Rois », en est l'axe fondamental, l'étape majeure étant le village des Eyzies. Les grottes, ornées de dessins ou de gravures, sont très recherchées, telles Font-de-Gaume, les Combarelles, Cap-Blanc, l'«Abri du poisson » dans la gorge d'Enfer, Bara-Bahau, tout autour des Eyzies et du Bugue ou bien encore l'immense caverne aux frises de mammouths de Rouffignac en pleine forêt Barade. Pour la sauver des colonies d'algues et des micro-organismes qui la rongeaient, la grotte de Lascaux a été fermée en 1962. Toutefois, Lascaux II est une copie d'une exceptionnelle qualité.
Dans le moindre village se trouve une église romane, léguée par le Moyen Âge ; l'une des plus connues est celle, massive, de l'ancienne abbaye de Saint-Amand-de-Coly. De l'architecture civile subsistent, en dépit des destructions, des donjons (Castelnaud, Beynac, Commarque, etc.), une multitude de manoirs et de gentilhommières et, dans quelques centres urbains, de beaux immeubles et hôtels (dans le vieux Sarlat ou encore dans les bastides créées au XIIIe siècle comme à Domme ou à Monpazier ).
À partir de 1470 et pendant tout le XVIe siècle, la Renaissance dota le Périgord de constructions plus accueillantes, plus exposées à la lumière. Dans les campagnes périgourdines, les châteaux ont des logis Renaissance aux fenêtres à meneaux, aux lucarnes sculptées, aux tourelles en surplomb. Les villes s'ornèrent aussi de belles demeures et, à Sarlat, les hôtels Renaissance, bien conservés et restaurés, donnent aux vieux quartiers l'allure des centres urbains du XVIe siècle.
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